Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer d’où provient ton attrait pour le tourisme à vélo ?
Je suis une blogueuse vivant actuellement à Paris. Je dédie une rubrique de mon blog de voyages au tourisme à vélo, qui me passionne particulièrement. J’ai commencé à faire du vélo il y a plusieurs années de manière régulière pour me rendre à mon travail avec les vélos mis à disposition par la ville de Paris. Très vite, j’ai réalisé que je mettais autant de temps voire moins qu’en transports en commun, avec de multiples avantages : être dans ma bulle, partir quand je veux, ne pas payer de transports, être écolo et faire du sport… Faire du sport ! En mêlant l’utile à l’agréable, une aubaine (valable aussi bien pour les trajets quotidiens que pour les vacances) ! J’ai par la suite acheté un vélo puis je me suis naturellement orientée vers le tourisme à vélo. J’ai vu quelques vidéos de personnes qui avaient tenté l’aventure et cela m’a convaincue. En 2019 je faisais mon premier cyclotour le temps d’un weekend. Ensuite les choses se sont accélérées et j’ai enchaîné les escapades plus ou moins longues. Le tourisme à vélo est devenu un mode de voyage pour moi.
Pourquoi avoir choisi de pédaler entre Paris et Orléans sur La Scandibérique ?
La France a développé un réseau cyclable exceptionnel avec des véloroutes qui se croisent et permettent aujourd’hui de partir de sa propre ville sans prendre de transports. Parfois je prends le train pour mes cyclotours mais je trouve cela amusant de partir de Paris avec juste un petit vélo. Je l’avais déjà fait sur la Seine à vélo de Paris à Honfleur et j’ai ensuite découvert La Scandibérique. J’adore rouler au bord de l’eau, c’est magnifique, sauvage et, je dois l’avouer, plat ! Je ne connaissais pas Orléans et peu la route qu’emprunte La Scandibérique pour s’y rendre donc découvrir la Seine à l’est de Paris, les canaux du Loing, de Briare, la Loire et ses châteaux ainsi que les villes de Montargis et Briare qui s’y trouvent était une perspective intéressante. A Paris, on a une vie urbaine et on oublie parfois de prendre le temps à cause du rythme soutenu des grandes villes. Mais cela ne signifie pas que l’on n’est pas endurant et que l’on ne peut pas se débrouiller seul. Alors faire Paris-Orléans à vélo sans transports c’est aussi un challenge de citadins qui permet de se reconnecter avec la nature… Mais pas de panique, il suffit de suivre les panneaux et l’eau !
Quel a été ton programme durant ce voyage ?
J’ai divisé ce cyclotour en 4 étapes de 80km chacune environ. Pédaler, c’est découvrir en douceur les paysages qui nous entourent. C’est ça que j’aime dans les cyclotours. On est acteur de sa vie et spectateur de la vie ! Les pauses sont l’occasion de découvrir des lieux sans rouler. Je profite de la pause déjeuner pour faire une escale dans de beaux endroits dans la nature ou dans des villes. Le soir, la nuit à l’hôtel permet de poser ses affaires et se promener à pied afin de déambuler dans la ville où l’on se trouve.
Etape 1 : Paris-Chartrettes avec une nuit dans un château
D’abord, rouler en bords de Seine a été une expérience magique car c’était très beau. C’est fou à quel point le fleuve change de visage en quelques kilomètres. On découvre lorsque l’on sort de Paris, une Seine de plaisance. Chartrettes fut une escale à laquelle je n’aurais pas pensé spontanément ne la connaissant pas et donc une belle surprise. Ses villas Affolantes rivalisent d’originalité et se reflètent dans une Seine sereine.
Etape 2 : Chartrettes - Montargis avec une nuit dans un petit hôtel familial doté d’un local à vélos
Vient ensuite la jolie ville de Moret-sur-Loing, Muse, ne manquant pas de séduire ses visiteurs au premier regard. Montargis, qui était rose ce soir-là, porte bien son nom de Venise du Gâtinais avec ses nombreux canaux et son ambiance romantique. J’ai aimé m’y promener à pied.
Etape 3 : Montargis - Gien avec un passage à Briare
Du canal du Loing au canal de Briare, j’ai plongé dans un monde fait d’écluses, d’oiseaux, de fleurs et de charmantes bourgades comme l’accueillante Montbouy. Puis, j’ai visité Briare la spectaculaire, entourée d’eau elle aussi, mais surtout dotée d’un pont canal remarquable flottant au-dessus de la Loire. Ayant passé la nuit à Gien, j'ai encore une fois posé mon vélo à l’hôtel pour visiter la ville et son château à pied.
Etape 4 : Gien - Orléans avec une nuit à l'hôtel
Rêvasser, pédaler, flirter avec la Loire. Déjeuner face au château de Sully-sur-Loire, rencontrer un champ de tournesols, puis un champ de blé. Puis arriver à Orléans qui règne sur la Loire comme une châtelaine. Voilà quel a été mon programme pour cette étape. Un peu de nostalgie que le voyage s’achève bientôt, mais une fierté d’avoir parcouru ces kilomètres en partant de chez moi !
Etape 5 - Orléans-Paris retour en TER
Le dernier jour j’ai visité encore un peu Orléans avant de repartir en TER pour Paris et retracer 4 jours de vélo en 1h de train. Une heure ou une vie, pour repenser à ces beaux souvenirs et la chance d’avoir vécu cette formidable évasion...
Quel est ton ressenti général sur La Scandibérique ?
La Scandibérique est un parcours mythique que j’aimerais faire entièrement un jour sur sa partie française mais aussi sur sa partie européenne, l’EuroVelo 3. Le tronçon que j’ai fait était magnifique et correspondait aux paysages que j’adore. J’ai trouvé la route bien balisée, avec un revêtement excellent et un sol plat. C’était facile et agréable de rouler entre Paris et Orléans ! Le site de La Scandibérique offre tous les outils nécessaires pour organiser son voyage. Quelle chance d’avoir cela en France.
Y-aurait-il des étapes de l’itinéraire que tu souhaiterais explorer prochainement ?
Oui, peut-être d’abord tenter un weekend ou une petite excursion de quelques jours dans l’autre sens pour commencer. Donc partir de Paris vers le nord et découvrir d’autres horizons en France et peut-être en Europe selon le temps imparti. Et évidemment, avec plus de temps, tout l’itinéraire de La Scandibérique mais aussi de l’EuroVelo 3. Le problème du tourisme à vélo, c’est que lorsqu’on s’y met, on ne s’en passe plus !
Quels sont tes conseils pour réussir un trip à vélo ?
Pour réussir un trip à vélo, il faut avant tout être dans l’esprit du voyage. Il faut se laisser aller et profiter de l’instant présent et de ce que chaque moment a à offrir. Se fixer ses propres objectifs et ne pas se mettre la pression car après tout, c’est les vacances.
Concernant les aspects pratiques, je conseille d’utiliser les outils à disposition pour organiser son voyage comme les sites des véloroutes. On peut prévoir les étapes, télécharger les traces GPX, c’est super utile. Repérer un peu le parcours de chaque jour histoire de ne pas se perdre s’il n’y a pas de panneaux. Avoir toujours de quoi réparer son vélo, notamment en cas de crevaison. Repérer les alternatives de transports autour en cas de problème. Essayer de réserver son logement de la première voire de la dernière nuit en avance pour être tranquille (même si je ne le fais pas toujours).
Et surtout...Avoir de l’eau ! Essentiel pour rouler. Et personnellement, j’aime bien avoir un repas d’avance dans ma sacoche au cas où (et quelques goûters !).








